En quête de ma voix

La mer est de pierre
et sauvage son silence quand j’y cherche ma voix.
L’automne reverdit
dans le désert ambré où je la poursuis.
Mes mains ne sont pas mes mains
(elles sont doigts de clair de lune).
Mes yeux ne sont pas mes yeux
(ils sont regard perdu dans l’infini).
Ma parole est dure mâchoire du temps
aux dents de semences qui germent dans les champs.

Aco Šopov, Confondu dans le silence (Слеј се со тишината), 1955
Traduit par Edouard J. MaunickAnthologie personnelle, 1994