La nuit du feu

Neuf nuits que l’orbe astral éclate.
Mais le feu se tait. Chicot de hêtre creux.

Chasseur patient embusqué, à l’affût,
il attend là depuis toujours. 

Nielle noire, mauvais augure,
il perdure hors saison et hors du temps.

Les feuilles s’embrasent. Odeur d’encens violet.
Mais le feu se tait. Noir. Terne. Blafard.

Les feuilles s’embrasent. Odeur d’encens violet.
Mais le feu se tait. Dans la racine coriace : nuit.

Aco Šopov, Cinérémancien (Гледач во пепелта), 1970
Traduit par Edouard J. Maunick, Anthologie personnelle, 1994