Du plus ancien et du plus pur clair de soleil

Un mal pesant roidit mon corps
abandonné seul sur la cime de la montagne.
De lourds et d’épais brouillards l’accablent
et troublent son être au monde.
Des pluies, telles des averses d’épines acérées,
le transpercent de coups stériles.

Mais soudain les brouillards se dissipent
et les gouttes de pluie s’évanouissent.
Le soleil monte du pays du levant
et voyage vers le pays du couchant.
Son visage est pur et clair
de la moindre poussière cosmique.

Et mon corps roide,
comme guéri, se met à bouger,
le voici qui boit les vins
du plus ancien et du plus pur clair de soleil.

Aco Šopov, Arbre sur la colline (Дрво на ридот), 1970
Traduit par Edouard J. MaunickAnthologie personnelle, 1994

Le poème original a initialement été publié dans la revue Razvitok, mars-avril 1979