Adam Billaut à l'honneur au Moulin lyrique 2025

Adam Billaut (1602-1662) est le plus célèbre, et probablement le premier homme de métier à avoir écrit et publié de la poésie en France.

Homme du peuple sans études, ce menuisier de Nevers a su développer un style d’écriture qui ne le distingue pas des pratiques poétique de l’élite littéraire bourgeoise de son époque, ce qui lui a valu le surnom de « Virgile au rabot ».

De nombreux vers élogieux lui ont été dédiés par ses contemporains, parmi lesquels, l'illustre Corneille. Son talent lui a valu aussi une pension, rarement versée, du cardinal de Richelieu et de nombreuses promesses, non tenues, de grands seigneurs.

Découvert en 1636 par l'abbé de Marolles, qui l'a considéré comme « une des plus rares choses du siècle » et l'a aidé à publier, en 1644,  la première version de son oeuvre majeure sous le titre Les Chevilles de Maître Adam, menuisier de Nevers, le Virgile nivernais aura vite fait le tour des mondanités parisiennes. Plus souvent flatté que soutenu financièrement, il est retourné à son métier, dans sa terre natale, pour y finir modestement ses jours.

Ou, dit avec les mots de Maitre Adam : Je ne trouve rien de si doux  / Que la demeure de chez-nous, / Mon champestre et simple village / N'a pas ce nuisible advantage, / De voir tous ces palais dorez / Où des mortels sont adorez, / Où l'art et la magnificence / Font idolâtrer leur puissance ; / Tous ces vains colosses d'orgueil / Que le temps doit mettre au cercueil, / Ces fameux monuments antiques, / Ces tours, ces superbes portiques , / Qui semblent menasser les cieux / De leurs sommets audacieux, / Ne nous ont jamais fait d'encombres / Ny de leurs corps, ny de leurs ombres; / Tous ces lambris estincelans , / Où les peintres plus excellans / Ont mis tous leurs soings et leurs veilles / A faire esclater leurs merveilles, / N'ont point encore dans ces lieux / Esblouy les sens, ny les yeux. / Un vieux bois de qui la verdure / Nasquit avecque la nature, / M'y présente des proumenoir / Qui ne sont lumineux ny noirs; / Et dont les demeures secrettes / Ont de si charmantes retraites, / Que c'est le printemps seulement / Qui peut en peindre l'ornement, / Tant l'incomparable Cybelle / Dessous ces rameaux paroist belle. / Jamais la rigueur des hyvers, / Ne chocqua ses ombrages vers, / Et sa teste est toujours couverte / D'une épaisse perruque verte, / Où mille et mille oyseaux nichez / Ont tousjours leurs soins attachez, / A faire esclatter, à toute heure, / Dans cette paisible demeure, / Un bruit si doux et si charmant, / Que le silence mesmement / Est ravi de leur voir destruire / La liberté de son empire. / Le céleste accent de leurs airs /  Chassant la nüe et les esclairs, / Sauve leurs innocentes testes / De la colère des tempestes. / Parmy ces cabinets toufus / Je ne me trouve point confus, / Comme au sot usage de vivre / Que chez le grand monde il faut suivre. (Extrait de l’« Épître dédicatoire au Vicomte d’Arpajon », dans Les Chevilles de Maître Adam)

Dimanche 13 juillet, au programme du Portail ouvert du Moulin lyrique 2025, hommage lui est rendu par Ariane Bailey et Jean Pétrement, avec Jasmina Šopova.

Fin de lecture, par Jean Pétrement, d'extraits des "Chevilles de Maître Adam, menuisier de Nevers". Portail ouvert du Moulin lyrique, 13.7.2025
Ariane Bailey rend hommage à Adam Billaut au Moulin lyrique 2025
Ariane Bailey rend hommage à Adam Billaut au Moulin lyrique 2025