Also available in: Macédonien
Léopold Sédar Senghor, Sénégal
Le poète et président sénégalais Léopold Sédar Senghor et le poète macédonien et ambassadeur de Yougoslavie Aco Šopov se sont rencontrés à Dakar au début des années 1970, lorsque Šopov s’y est rendu pour accomplir sa mission diplomatique et « poétique ». Leur amitié est à l’origine de celle de leurs pays dont les liens culturels perdurent au-delà de la disparition des États et des êtres.
Outre son action diplomatique, en grande partie consacrée à la participation du Sénégal au IV Sommet du Mouvement des non-alignés, à Alger, en 1973 (Senghor s’y est rendu pour la première fois, alors que le Sénégal était officiellement membre depuis 1964), Šopov a également préparé la visite officielle du Président sénégalais en Yougoslavie (qui allait être reçu par le président Tito, à Kranj, Slovénie, en 1975), ainsi que sa participation aux Soirées poétiques de Struga, dont il fut le lauréat 1975.
Aco Šopov, qui a été à l’initiative de cette distinction, a traduit en macédonien un important volume de l’oeuvre poétique de Senghor, Poésie, qui a été réédité en 2016.
Une partie de ces poèmes traduits a été reprise dans le livre Senghor – Šopov : Parallèles, publié à l’occasion de la célébration de l’Année Senghor en Macédoine, en 2006.
Dans un entretien accordé à Dragoslav Adamović-Zira, publié dans le quotidien Politika, le 15 février 1976, Šopov déclare qu'il doit sa « découverte » de l'Afrique notamment à la poésie de Senghor. « Elle m'a appris bien plus sur l'Afrique que les piles de livres que j'ai lus à ce sujet ! À partir de croyances, de légendes, de récits, Senghor a réussi à créer un univers poétique authentique (…). Il représente à mes yeux l'un des plus grands écrivains du monde contemporain et un merveilleux exemple de ce que signifie la poésie : une parole qui s'adresse à l'homme, aussi éloigné et étranger lui soit-il, du moins à première vue. J'en ai tiré une leçon précieuse : si l'on veut mieux se connaître soi-même, connaître son pays et son peuple, on doit aussi bien connaître les autres. Et encore une chose : lorsqu'on se voit soi-même et son environnement sous un autre angle, disons d'une perspective africaine, on comprend mieux les problèmes qui nous chagrinent chez nous et certains nous paraissent radicalement différentes. Dans les deux cas, la poésie joue un rôle extrêmement important. »
Quelques articles de la presse sénégalaise fournissent plus d'informations sur les missions diplomatique et poétique de Šopov au Sénégal :
- Šopov, à propos des relations sénégalo-yougoslaves, interview realisée par Ibrahima Gaye, Le Soleil, 25.05.1974
- M. Aco Sopov, Ambassadeur de la Yougoslavie, nous parle, entretien avec l’écrivain haïtien Jean Brierre, L’Ouest Africain, 30.05.1975, p. 10.
- Une mission diplomatique qui se termine tout en poésie. Interview. Le Soleil, 01.08.1975, p. 1.