Also available in: Macédonien
Aco Šopov: Anthologie personnelle, 1994
« La poésie – et plus particulièrement cette poésie – nous abstrait du temps et de l’espace tout en nous ancrant, mystérieusement, dans la durée et les lieux », remarquait Federico Mayor, Directeur général de l’UNESCO, dans une lettre adressée à Jasmina Šopova au moment de la parution de l'Anthologie personnelle d'Aco Šopov dans la Collection UNESCO d’Oeuvres représentatives, adapté en français par le poète mauricien Édouard J. Maunick. « Elle est, dans sa violence aussi grande que sa tendresse sous-jacente, parole de vérité dans son accès au plus intime de l’être. Elle est, dans ces éclats comme dans ses halos, la lumière qui nous guide et nous réconforte sur les chemins du quotidien. »
Sur les chemins du quotidien, mais aussi tout au long du « voyage de l’homme sur la planète Terre, de la naissance à la mort », pour reprendre une expression de la postface, signée par Édouard J. Maunick, traducteur, mais aussi initiateur de ce livre, qui voyait dans l'oeuvre de Šopov une « poésie profondément enracinée dans sa terre macédonienne, et, dans une égale mesure, projetée dans l’universel ».
Quant à son confrère et grand ami, Ante Popovski, il écrivait dans l’introduction du même livre, intitulée « Une certaine idée du sacré » : « Aco Šopov est un poète facilement reconnaissable à sa manifestation de la liberté et aux symboles qu’il employaient à l’exprimer. Une liberté qu’il a lui-même choisie et dont il a frappé les emblèmes en accord avec ses affinités et ses idéaux. Il eut pour seule idole la liberté, et c’est davantage des voix que des couleurs que naissaient ses symboles. Sa poésie est une pensée née d’une voix lointaine, négation de la solitude et du silence, choix spirituel du poète, mais en apparence seulement. Car Šopov est une des illustrations les plus bouleversantes de la parole et de la pensée poétiques macédoniennes : le trouble est à la fois son héritage et son présage. »
L'Anthologie personnelle de Šopov reprend dans sa quasi-totalité le choix de ses poèmes que le poète macédonien a fait peu avant sa mort et publié sous le titre Luzna (Stigmate) en 1981. L’UNESCO et la maison d’édition Actes Sud se sont associées pour en publier la traduction française en 1994.