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dans les yeux des signares>
Laissez-moi ici, mes bons amis,
c’est le hasard qui m’a fait découvrir ce lieu.
Laissez-moi ici, parmi ces pierres,
que je sois une pierre de plus de la Maison des esclaves.
Que je sois battement du tam-tam le long de la Gambie, du Congo
et plus haut, du Niger jusqu’au pays dogon ;
que, bercé par les chants des signares,
je rêve d’une jeunesse sans fin.
Que, dans les yeux d’azur des signares aux visages sombres,
je regarde monter le bleu de mon pays.
Et lorsque les tam-tam auront appelé l’hivernage,
que le chant des pluies soit chant de la naissance de tous.
Et moi, pierre surmontant la Maison des esclaves,
enivré des hauteurs,
que je me noie dans ce chant, que je me perde dans la beauté.
Aco Šopov, cinquièm chant de « La lumière des esclaves », dans Au pays du rêve de la femme noire, 1976
Traduit par Jasmina Šopova et Édouard J. Maunick, Anthologie personnelle, 1994