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Quatrième prière de mon corps
Maintenant que tu es là, couvrant ce corps, comme une aile de paix,
toi, si raisonnable, si froidement généreuse,
laisse-moi prier pour ce qui s’en est allé,
car ce qui vient est en nous toujours promesse de fête.
Tisse les lumières, cette blanche ignition,
que les foudres couchées dans l’obscur
enlacent ce corps aujourd’hui fier et dressé
comme un lierre ou comme un fouet, peu importe.
Qu’elles soient immense stigmate, prière figée,
que dans mon cauchemar je m’enivre de leur nitescence,
car tout ce qui s’éteint dans mon passé
se mue au fond de moi en clarté du jour nouveau.
Аco Šopov, Non-être (Небиднина), 1963
Traduit par Edouard J. Maunick, Anthologie personnelle, 1994