Aco Šopov : un écrivain du cheminement*

Paul Mathieu, écrivain belgo-luxembourgeois, en 2011.

Paul Mathieu, écrivain belgo-luxembourgeois, en 2011.

Paul Mathieu

Poésie, encore et toujours, mais aussi roman : voilà le programme des éditions Phi ces dernières semaines. Des horizons lointains et proches à la fois. Des parcours forts en tout cas.

Côté poésie, on épinglera un recueil en traduction bilingue – français et allemand – d’Aco Šopov. Un poète difficile, « une forteresse qui demande que l’on se donne la peine de l’assiéger », écrit sa fille dans la préface.

Né en Macédoine, Aco Šopov (1923-1982) est un écrivain du cheminement, de la résolution des contraires. L’oxymore – « Soleil noir » – qui donne son titre au recueil le dit assez. C’est qu’il y a chez lui un rêve « phénixien », un désir de transcender la mort, d’effacer les marques et les repères, de voir enfin clair quand « la nuit s’épanouit telle une tulipe noire ». Poésie d’une grande violence aussi, d’une violence naturelle qui hurle avec les éléments. Ici la parole est une façon de regagner du temps, de dire l’étoile montante des premiers âges ou encore – mais c’est un peu la même chose – de retrouver l’enfance: «Ô enfant qui n’es plus, / mon deuil est dans ton refuge».
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* Extrait de l’article « Paysages inachevés : Quelques nouvelles publications chez Phi [Aco Sopov/ Valérie Lamesch], paru dans Le Jeudi (Luxembourg), n°28 (2012, 12 juillet), p. 29.