{"id":110995,"date":"2026-01-23T12:46:46","date_gmt":"2026-01-23T11:46:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.acosopov.com\/?page_id=110995"},"modified":"2026-02-17T18:34:23","modified_gmt":"2026-02-17T17:34:23","slug":"compagnie-culte-2026","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.acosopov.com\/fr\/evenements\/portail-ouvert-du-moulin-lyrique-le-projet\/compagnie-culte-2026\/","title":{"rendered":"Bacchus une compagnie devenue culte, 2026"},"content":{"rendered":"\n<h1>\n\t\t\tBacchus une compagnie devenue culte\t<\/h1>\n<h2>\n\t\t\t<em>L&rsquo;Est r\u00e9publicain<\/em>. 19.1.2026. Texte : Catherine Chaillet. Photos : Ludovic Laude\t<\/h2>\n\t\t\t\t<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.acosopov.com\/wp-content\/uploads\/Bacchus-2026-COVER.jpg\" alt=\"Article paru dans l&#039;Est r\u00e9publicain, 19.1.2026\" itemprop=\"image\" height=\"346\" width=\"693\" title=\"Bacchus-2026-COVER\" onerror=\"this.style.display='none'\" loading=\"lazy\" \/>\n\t<p><a href=\"https:\/\/www.acosopov.com\/fr\/evenements\/moulin-lyrique-2025\/compagnie-bacchus\/\">Au programme de la premi\u00e8re \u00e9dition du Portail ouvert du Moulin lyrique, Maria Vendola et Jean P\u00e9trement<\/a> de la Compagnie Bacchus ont pr\u00e9sent\u00e9 des extraits du spectacle <a href=\"https:\/\/www.acosopov.com\/wp-content\/uploads\/Bacchus-Courbet-Matilde_2025.jpg\">Courbet &amp; Mathilde<\/a> qui a obtenu, peu apr\u00e8s, le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Prix_Sade\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Prix Sade<\/a> Patrimoine 2025.<\/p>\n<p>Dans cet article, <em>L&rsquo;Est r\u00e9publicain<\/em> retrace l&rsquo;aventure extraordinaire de cette compagnie devenue culte !<\/p>\n\t<h2>Dans l&rsquo;ombre et la lumi\u00e8re de Denis Llorca, la naissance de Bacchus\u00a0<\/h2>\n<p><em>Le th\u00e9\u00e2tre Bacchus a 40 ans. De l&rsquo;influence de Denis Llorca \u00e0 la gestion d&rsquo;une salle dans le quartier du Montmarin \u00e0 Vesoul, en passant par le Lux et le 6. rue de la Vieille Monnaie \u00e0 Besan\u00e7on, extraits choisis de la vie d&rsquo;un th\u00e9\u00e2tre ind\u00e9pendant par son fondateur, Jean P\u00e9trement.\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>C&rsquo;est en 1985 qu&rsquo;est cr\u00e9\u00e9 le Th\u00e9\u00e2tre Bacchus \u00e0 Besan\u00e7on. 2013, voil\u00e0 le th\u00e9\u00e2tre SDF, la compagnie Bacchus cr\u00e9\u00e9, tourne, forme, diffuse toujours. Jean P\u00e9trement, architecte de cette aventure, dispose aujourd&rsquo;hui au th\u00e9\u00e2tre Fran\u00e7ois-Villon \u00e0 Vesoul, d&rsquo;un outil performant. Il en assure la programmation sans s&rsquo;encombrer de la gestion. Il n&rsquo;aime gu\u00e8re la gestion. Certains le lui ont durablement reproch\u00e9.\u00a0<\/em><\/p>\n<h3>Besan\u00e7on, vieille ville espagnole<\/h3>\n<p>1982. Besan\u00e7on recrute Denis Llorca comme directeur du centre th\u00e9\u00e2tral de Franche-Comt\u00e9, qui ne dispose alors pas de lieu fixe. Denis Llorca refuse obstin\u00e9ment de s&rsquo;installer au Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Espace flambant neuf: il exige de vivre et travailler au c\u0153ur des pierres de cette \u00ab vieille ville espagnole \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Denis Llorca a commenc\u00e9 par virer la plupart des \u00e9l\u00e8ves du conservatoire. Il m&rsquo;a gard\u00e9 avec une petite \u00e9quipe, il nous a fait tout p\u00e9ter durant l&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insu de tout monde dans la vieille salle du Casino et s&rsquo;est install\u00e9 l\u00e0. Son bureau \u00e9tait sous les toits, o\u00f9 il recevait le maire Robert Schwint assis en tailleur. \u00bb Jean P\u00e9trement a aim\u00e9 ce temps r\u00e9volu, o\u00f9 un artiste \u00e0 la carri\u00e8re fracassante tenait la drag\u00e9e haute \u00e0 l&rsquo;administration, aux r\u00e8glements, aux conventions et fascinait autant qu&rsquo;il pouvait exasp\u00e9rer. Bacchus na\u00eet dans cette effervescence, dans la d\u00e9mesure revendiqu\u00e9e, dans les heures exigeantes pass\u00e9es \u00e0 approcher Racine.\u00a0<\/p>\n<p>En 1985, Denis Llorca, dans une mise en sc\u00e8ne soign\u00e9e, en queue-de-pie et haut de forme, emm\u00e8ne sa bande sur l&rsquo;\u00eele du Pont de la R\u00e9publique. \u00ab Vous \u00eates, dit-il, la jeune troupe du th\u00e9\u00e2tre dramatique ! \u00bb Ils \u00e9taient adoub\u00e9s, les voil\u00e0 com\u00e9diens professionnels sans sc\u00e8ne fixe. Ils s&rsquo;arrangent entre eux, dans les appartements des uns et des autres.\u00a0<\/p>\n<p>L&rsquo;enjeu compte plus que les murs. \u00ab Depuis le d\u00e9but, influenc\u00e9s par Llorca, nous revendiquons un th\u00e9\u00e2tre populaire de qualit\u00e9, avec des textes, des auteurs, avec des messages antibourgeois, anticl\u00e9ricaux. \u00bb Denis Llorca appuie. \u00ab Il nous donne 5 000 francs \u00e0 chaque repr\u00e9sentation ext\u00e9rieure \u00bb. Il y a dans la ville quelques talents reconnus ou en devenir: Jean-Ren\u00e9 Bouvret dirige la troupe des Manches \u00e0 Balais, Laurent Decool, Jean-Luc Lagarce&#8230; Et l&rsquo;ancien cin\u00e9ma Lux vide, \u00ab le plus beau plateau de Besan\u00e7on \u00bb, juge Jean P\u00e9trement, qui voit bien l\u00e0 un lieu id\u00e9al pour un collectif. Jean P\u00e9trement loue le lieu seul avec Bacchus, 5000 F mensuels. Il faut les sortir.\u00a0<\/p>\n<h3>The Cramps au Lux<\/h3>\n<p>Fran\u00e7ois Pinard, alors jeune producteur, lui propose d&rsquo;y faire passer un groupe: \u00ab Ils remplissent et tu gardes la buvette. Tope l\u00e0 ! \u00bb Jean P\u00e9trement, ne connait pas The Cramps, dit-il, il voit l\u00e0 un mois de loyer facile! Binoche, \u00e0 France 3, lui fournit le CV du groupe am\u00e9ricain pionnier du psychobilly : rockabilly, punk et garage. Et les cons\u00e9quences, salle comble, pogo \u00e0 fond, buvette vide, 40 minutes de concerts et le Lux \u00e0 sac, \u00e0 nettoyer \u00e0 la lance \u00e0 incendie. Jean P\u00e9trement et Fran\u00e7ois Pinard s&rsquo;associent, pour le meilleur, le pire \u00e9tant pass\u00e9. La ville leur refuse une subvention pour refaire l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et le chauffage du Lux. \u00ab Je me suis f\u00e2ch\u00e9 avec Jean-Louis Fousseret, alors adjoint \u00e0 la culture de Robert Schwint. Je n&rsquo;avais pas imagin\u00e9 qu&rsquo;il serait maire \u00e0 vie. Bref, je suis ruin\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Denis Llorca veille encore, et Gilles R\u00e9tor\u00e9 monte <i>El Candelaio<\/i>, de Giordano Bruno avec la CIE Bacchus, par la magie des d\u00eeners arros\u00e9s d&rsquo;apr\u00e8s spectacle. Jean P\u00e9trement et ses acolytes proposent un r\u00f4le \u00e0 Dora Doll. \u00ab Elle a accept\u00e9 en m&rsquo;envoyant un mot sur un joli papier \u00e0 fleurs parfum\u00e9 \u00bb, rapporte-t-il. \u00ab Dora Doll a un co\u00fbt, Llorca aide encore. Nous avons eu une pleine page dans <i>Lib\u00e9ration<\/i>&#8230; Ce fut un massacre ! \u00bb, r\u00e9sume encore Jean P\u00e9trement. La troupe avait pourtant sign\u00e9 pour 3 mois \u00e0 Marseille. Le directeur du th\u00e9\u00e2tre d\u00e9nonce le contrat. Le charme, l&rsquo;entregent, la persuasion et l&rsquo;efficacit\u00e9 de Dora Doll les sauvent. \u00ab Le directeur du th\u00e9\u00e2tre de Marseille accepte de nous accueillir si l&rsquo;on r\u00e9duit d&rsquo;un tiers le spectacle de trois heures. Je m&rsquo;y suis engag\u00e9. \u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Cons\u00e9quence imm\u00e9diate : le voil\u00e0 f\u00e2ch\u00e9 durablement avec les trois quarts de la troupe et le metteur en sc\u00e8ne. Je suis rentr\u00e9 \u00e0 Besan\u00e7on, j&rsquo;ai dit \u00ab qui m&rsquo;aime me suive \u00bb&#8230; Il y arrive seul en 1988. Il prend en job d&rsquo;\u00e9t\u00e9 le poste de directeur des affaires culturelles au CLA, rencontre Maria Vendola. A Bacchus elle tient merveilleusement tous les r\u00f4les essentiels et si souvent invisibles. La troupe s&rsquo;installe au 6, rue de la Vieille Monnaie.\u00a0<\/p>\n<p>Bacchus n&rsquo;a que trois ans, c&rsquo;est l\u00e0, dans ces coulisses, dans les brouillons, les temp\u00eates, les prises de t\u00eate sans concessions, les outrances et les outrages que Bacchus fait ses premiers pas.<\/p>\n<h3>Acte II \/ C\u00f4t\u00e9 cour au 6 rue de la Vieille Monnaie<\/h3>\n<p>Lorsqu&rsquo;il revient \u00e0 Besan\u00e7on, personne n&rsquo;attend Jean P\u00e9trement. Bacchus s&rsquo;installe donc au 6, rue de la Vieille Monnaie\u00a0<\/p>\n<p>toujours d&rsquo;affirmer que le th\u00e9\u00e2tre est vecteur de transmission, qu&rsquo;il sert \u00e0 diffuser, \u00e0 dire des choses fortes, rappelle Jean P\u00e9trement, son directeur.\u00a0<\/p>\n<p>Premier spectacle qu&rsquo;il joue dans ce lieu, <i>Pour finir avec le jugement de Dieu<\/i>, dans la cour d&rsquo;un monast\u00e8re, c&rsquo;est plus exaltant encore. \u00ab Nous avons v\u00e9cu l\u00e0 des moments extraordinaires, les s\u0153urs en cornettes venaient voir nos spectacles. Nous les pr\u00e9venions lorsque certaines sc\u00e8nes \u00e9taient susceptibles de les d\u00e9ranger, alors elles cachaient pudiquement leurs yeux avec une main. Nous \u00e9tions sur leur r\u00e9seau \u00e9lectrique, r\u00e9guli\u00e8rement les plombs l\u00e2chaient, la m\u00e8re sup\u00e9rieure, en pleine repr\u00e9sentation, se chargeait de remettre le courant \u00bb. Tendresse et humour, au 6, rue de la Vieille Monnaie, Jean Petrement se fait plus discret, le choix des r\u00f4les et des pi\u00e8ces expriment mieux que les frasques et les exc\u00e8s.<\/p>\n<p><b>Et s&rsquo;il ne devait retenir que trois noms de cette p\u00e9riode ?\u00a0<\/b><\/p>\n<p><strong>Don Quichotte\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Don Quichotte, parce qu&rsquo;il est expression de la col\u00e8re, de la lucidit\u00e9 d&rsquo;un homme sur ce qui l&rsquo;entoure. J&rsquo;en ai fait un Don Quichotte lucide contre l&rsquo;Inquisition. Il m&rsquo;a soign\u00e9 de ma r\u00e9volte. Depuis 1991, Don Quichotte a travers\u00e9 la carri\u00e8re de Jean P\u00e9trement\u00a0<\/p>\n<p>A Avignon, en 2006, Quichotte a donn\u00e9 le 15 juillet au lendemain de l&rsquo;attentat de Nice (une attaque terroriste islamiste au camion belier a tue 86 personnes et a fait 458 blesses sur la Promenade des Anglais). La lecture contemporaine qu&rsquo;en fait alors Jean P\u00e9trement, la confrontation entre l&rsquo;intol\u00e9rance religieuse du XVIe si\u00e8cle et la cruaut\u00e9 de l&rsquo;actualit\u00e9 lui donne plus de force encore. Il le dit:\u00a0 \u00ab Sous l&rsquo;armure du chevalier reste l&rsquo;utopie et la m\u00e9moire sensible de l&rsquo;id\u00e9al \u00bb.<\/p>\n<p><b>L&rsquo;anarchie de Proudhon\u00a0<\/b><\/p>\n<p>\u00ab Proudhon, car il a invent\u00e9 l&rsquo;anarchie, m\u00eame s&rsquo;il est misogyne comme tous ceux de son \u00e9poque. Proudhon, c&rsquo;est la mutualisation, la d\u00e9centralisation absolue, le refus de l&rsquo;Etat, l&rsquo;anarchie noble. Je retiens son rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9\u00ab , s&rsquo;enflamme Jean P\u00e9trement.<\/p>\n<p>Courbet, qui pr\u00e9pare une exposition en solitaire en marge de l&rsquo;exposition universelle, attend de Proudhon qu&rsquo;il r\u00e9dige un manifeste. La pi\u00e8ce \u00ab <i>Proudhon mod\u00e8le Courbet<\/i> frappe juste dans la chair du XIXe si\u00e8cle, la repr\u00e9sente saignante et palpitante, touche des blessures et des d\u00e9bats dont l&rsquo;actualit\u00e9 reste une \u00e9vidence \u00bb, \u00e9crit en pr\u00e9face de la pi\u00e8ce le critique de th\u00e9\u00e2tre Gilles Costaz. Jean P\u00e9trement \u00e9crit l\u00e0 sa premi\u00e8re pi\u00e8ce. Elle est jou\u00e9e dans des th\u00e9\u00e2tres parisiens, en festival, dont le off d&rsquo;Avignon, en tourn\u00e9e et, cerise sur le g\u00e2teau, la 200e est donn\u00e9e au Mus\u00e9e d&rsquo;Orsay, devant l&rsquo;Atelier, l&rsquo;\u0153uvre dont il est question dans la pi\u00e8ce.\u00a0<\/p>\n<p><b>Beckett, forc\u00e9ment Beckett<\/b>\u00a0<\/p>\n<p>Enfin Jean P\u00e9trement cite Beckett: \u00ab C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9pure, rien ne m&rsquo;a autant transcend\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale depuis <i>Fin de partie<\/i> \u00bb. Lui joue dans <i>La derni\u00e8re bande<\/i>, en 1998, dans une mise en sc\u00e8ne de Jean-Jacques Chep et monte <i>Fin de Partie<\/i> en 2010 Fran\u00e7ois Noudelmann, directeur de la Maison fran\u00e7aise \u00e0 Universit\u00e9 de New York invite Jean P\u00e9trement \u00e0 venir la jouer dans un th\u00e9\u00e2tre irlandais de la 5e avenue lors d&rsquo;une soir\u00e9e d&rsquo;hommage \u00e0 Tom Bishop, ce grand ami de Beckett, pendant plus de soixante ans, a contribu\u00e9 aux \u00e9changes litt\u00e9raires, philosophiques, culturels, artistiques entre Paris New York.<\/p>\n<p>C&rsquo;est frustrer Jean P\u00e9trement que le faire r\u00e9sumer sa vie professionnelle en trois noms seulement. Passer sous silence Yourcenar ou Ferr\u00e9, est-ce possible?\u00a0 Oui, ils sont venus apr\u00e8s 2013.<\/p>\n<h3>Acte III \/ \u00ab La r\u00e9volte m&rsquo;a amen\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre \u00bb<\/h3>\n<p><strong>Pourquoi le nom Bacchus?\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Parce que la premi\u00e8re pi\u00e8ce jou\u00e9e fut le <i>Bacchus<\/i>, de Cocteau, une pi\u00e8ce tr\u00e8s bavarde o\u00f9 il est question de religion et de r\u00e9bellion. Parce que Bacchus (Dionysos chez les Grecs), symbole du vin, de la f\u00eate et des passions humaines est le dieu du th\u00e9\u00e2tre. Et bien s\u00fbr,\u00a0 Bacchus en hommage \u00e0 Besan\u00e7on, la fontaine et la place Bacchus \u00e0 Battant, ancien quartier des vignerons. J&rsquo;aime beaucoup Besan\u00e7on qui ne me le rend pas. \u00bb\u00a0<\/p>\n<p><strong>Avez-vous le sentiment d&rsquo;avoir men\u00e9 ce projet comme un combat ?\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Oui. La r\u00e9volte m&rsquo;a emmen\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre et il m&rsquo;a canalis\u00e9. Du moins je le croyais, mais ma col\u00e8re est intacte, elle vient de loin. J&rsquo;ai fait des \u00e9tudes de psycho, je pense que c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pour faire du th\u00e9\u00e2tre. Le th\u00e9\u00e2tre c&rsquo;est une drogue, c&rsquo;est aussi la volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre aim\u00e9, c&rsquo;est enfin la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire, m\u00eame si je m&rsquo;y suis mis tr\u00e8s tard, j&rsquo;ai encore quelques textes en jach\u00e8re. Le th\u00e9\u00e2tre est forc\u00e9ment un combat pour dire. Aujourd&rsquo;hui il n&rsquo;y a plus chez les jeunes la n\u00e9cessit\u00e9 de dire quelque chose, je le regrette. Ils se fichent du th\u00e9\u00e2tre, on ne les voit pas dans les salles. Pourtant, quand on arrive \u00e0 les choper, \u00e7a marche. Mais comment peut-on les faire venir ? Le th\u00e9\u00e2tre est une grande f\u00eate collective et les gens sont individualistes, donc forc\u00e9ment le combat est difficile. Le th\u00e9\u00e2tre reste un artisanat, sauf dans l&rsquo;institution, dans les sc\u00e8nes nationales il n&rsquo;y a plus d&rsquo;artistes.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Si Bacchus \u00e9tait une \u0153uvre, un personnage, une \u00e9motion&#8230;?\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Don Quichotte, Giordano Bruno, la r\u00e9volte. \u00bb<\/p>\n<p>Que diriez-vous au Bacchus de 1985 si vous pouviez lui parler aujourd&rsquo;hui ?\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00ab Sois plus fou! \u00bb<\/p>\n<hr \/>\n<p>La compagnie Bacchus c\u00e9l\u00e8bre son 40e anniversaire. Au programme:<\/p>\n<p>Une exposition immersive avec des archives et des rencontres avec les artistes les 29 et 30 janvier (de 11h \u00e0 18h \u00e0 la salle Proudhon, entr\u00e9e libre). \u00c0 20h, toujours les 29 et 30 <i>Courbet &amp; Mathilde &#8211; Les Lettres interdites<\/i>, leur correspondance sulfureuse r\u00e9v\u00e9l\u00e9e apr\u00e8s 120 ans de silence, une lecture th\u00e9\u00e2tralis\u00e9e et musicale par la compagnie Bacchus (tarif: 20 \u20ac, r\u00e9duit 15 \u20ac, r\u00e9servation 06 76 28 53 04) et le 30 janvier \u00e0 18h, une conf\u00e9rence-d\u00e9bat avec les auteurs, Ludovic Carrez et B\u00e9r\u00e9nice Hartwig (Gallimard, 2025).<\/p>\n<hr \/>\n<p><a href=\"https:\/\/www.compagnie-bacchus.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Site officiel de la Compagnie Bacchus<\/a><\/p>\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.acosopov.com\/fr\/evenements\/moulin-lyrique-2025\/\" target=\"_self\">\n\t\t\t\t\t\t\tPlus d&rsquo;informations sur le Portail ouvert du Moulin lyrique, 2025\n\t\t\t\t\t<\/a>\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.acosopov.com\/fr\/evenements\/moulin-lyrique-2025\/les-intervenants\/\" target=\"_self\">\n\t\t\t\t\t\t\tAutres intervenants au Portail ouvert du Moulin lyrique, 2025\n\t\t\t\t\t<\/a>\n\t\t\t<a href=\"https:\/\/www.acosopov.com\/fr\/evenements\/\" target=\"_self\">\n\t\t\t\t\t\t\tAutres \u00e9v\u00e8nements li\u00e9s \u00e0 Aco \u0160opov\n\t\t\t\t\t<\/a>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bacchus une compagnie devenue culte L&rsquo;Est r\u00e9publicain. 19.1.2026. 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