La photographe Danica Bijeljac
participe à la première édition du Portail ouvert du Moulin lyrique
Issue du cinéma et de la photographie, Danica Bijeljac mêle ces deux pratiques librement depuis une vingtaine d’années construisant des chroniques intimes sur les images qui nous habitent et que l’on fabrique comme autant de tentatives pour élucider le mystère de nos origines. Elle s’interroge aussi beaucoup sur les perceptions que l’on a chacun de nous-mêmes, nos projections intérieures sur ce qui nous entourent ainsi que les messages que véhiculent les images.
La photographie l’a également emmené au théâtre dont elle suit le travail de création et de répétitions de façon immersive. Cette observation de la scène a orienté ses recherches visuelles et expositions vers une « mise en espace » qui mêlent écriture, musique et scénographie (en collaboration avec Djilali Ammouche).
Elle pratique également la photographie comme un « micro tendu » pour récolter des récits intimes et l’utilise comme support d’enregistrement visuel d’une élaboration mentale. La photo lui permet aussi, par sa nature facilement reproductible, de garder des traces des partages et rencontres avec les autres et de la redistribuer de mains à mains.
C'est dans cet esprit qu'elle a conçu, en partenariat avec l’association l’Ecole de la ville buissonnière et la librairie ZENOBI, le projet Cartes de VIES, cartes de VILLE qu'elle présente lors de la première édition du Portail ouvert du Moulin lyrique.
Au pied des murs de la cité des poètes
la nature a repris ses droits
des parpaings ont poussé aux fenêtres
et Rimbaud se demande ce qu'il fout là
Ce texte accompagne la photo que Charle H. a pris dans le rue Arthur Rimbaud à Malakoff, répondant ainsi à l'appel que Danica a lancé aux habitants de Malakoff banlieue parisienne où elle a élu domicile.
« J’ai proposé aux Malakoffiots et Malakoffiottes de réaliser "leur carte postale" (une image et un message), pour créer ensemble l’aperçu d’un microcosme de perceptions, partager un vécu de chair et de pensées.
Loin des bureaux d’experts en aménagement urbains, la parole est donnée à ceux qui connaissent la ville au quotidien de tout leur être. La carte postale est un support "modeste" mais sa vocation de circulation de mains à mains, de boîtes à boîtes, de pensées à pensées, peut s’avérer (je l’espère) un appel puissant à dialoguer, toujours et encore, sur la question de la ville comme bien commun. »
Entre 2016 et 2019, elle a ainsi fabriqué – à quatre mains – 38 cartes postales et elle en a créé 10 autres en réponse.
Au moulin, elle expose les grands formats de ces images.